Antoni Gaudí

Une envie de faire un article sur un architecte que j’affectionne particulièrement : Antoni Gaudí. Son travail n’est plus à présenter, 7 de ses monuments sont inscrits au Patrimoine mondial de l’Unesco. Il est le principal représentant du modernisme catalan et son travail a marqué de façon durable l’architecture de Barcelone. Il trouve sa source principale d’inspiration dans la nature, il a étudié en profondeur les formes organiques et anarchiquement géométriques de la nature, à la recherche d’un langage pour pouvoir refléter ces formes dans l’architecture. Gaudí a également été un novateur dans le domaine des techniques artisanales, inventant de nouvelles solutions techniques et décoratives avec les matériaux qu’il utilisait, comme sa conception des placages de céramique faits de morceaux cassés (trencadís). Mais son travail va bien au-delà de ses oeuvres les plus célèbres, il a également construit des édifices religieux, des zones résidentielles et des maisons pour des particuliers, ainsi que d’autres ouvrages plus petits. Il maîtrisait lui-même plusieurs techniques à la perfection : la céramique, la verrerie, la ferronnerie, la charpente… c’était un touche à tout. Il dessinait les plans de bâtiments ou d’espaces publics comme il réalisait les schémas d’objets de la vie courante. Pendant sa carrière, il a développé une vision de l’architecture qui ne se résume pas à construire des murs et y poser un toit. Pour Gaudí, l’aménagement intérieur est forcément lié à la construction extérieure. L’un ne va pas sans l’autre. Il fait appel à des artisans catalans qui créeront meubles, pièces d’horlogerie, vaisselle, éléments de plomberie ou de menuiserie… imaginés et dessinés par lui. Son œuvre fut très critiquée par nombre de ses contemporains. ll avait cependant des soutiens, qui furent en majorité ses propres clients, ainsi que le monde ecclésiastique et la bourgeoisie industrielle catalane. L’artiste est tombé dans l’oubli au début du XXe siècle. Le projet le plus fou de Gaudí est, assurément, le temple expiatoire de la Sagrada Família . Débutée en 1882, par un autre architecte, la cathédrale est récupérée par Gaudí l’année suivante. Il imagine alors un édifice religieux à ciel ouvert – afin d’être plus proche de Dieu – fait de 18 tours (une pour chacun des 12 apôtres, quatre pour les évangiles, une pour la Vierge et la plus haute, qui culmine à 170 mètres, pour symboliser le Christ) et de quatre façades dédiées à des scènes précises de la Bible comme la Nativité ou la Passion… en mélangeant divers styles : le gothique pour rappeler le temps des cathédrales, le romantique espagnol auxquels il ajoute des éléments cubistes et surréalistes. Arrêtée depuis la pandémie en mars dernier, les travaux de la Sagrada Família ont repris en janvier 2021 avec pour objectif de terminer l’édifice en 2026. Et pour la petite histoire, une entreprise familiale de la région grenobloise a été choisie pour fabriquer la pointe des flèches.

J’ai eu la chance de me rendre plusieurs fois à Barcelone et de pouvoir admirer le travail de Gaudí. Je vous conseille d’aller flâner au Parc Güell, plus de 17 hectares remplis de formes ondulées, de colonnes ressemblant à des arbres, de sculptures d’animaux, de mosaïques. Dans l’enceinte du parc se trouve la Maison Musée Gaudí, dans laquelle a résidé l’architecte entre 1906 et 1925. Un lieu magique et singulier que je trouve incontournable. Si vous n’avez pas le temps de visiter toutes les « maisons », il faut au moins passer devant, elles sont splendides (Casa Batlló et Casa Milà, ou la Pedrera). J’ai beaucoup aimé la Casa Batlló, l’intérieur est à la hauteur de ses façades. Arriver à un tel degré de sophistication et d’esthétique en 1904 est très impressionnant. D’autres œuvres sont plus cachées et plus oubliées (et ne figurent pas toujours dans les guides) : on trouve par exemple la la Casa Vicens qui se visite depuis 2017 (et que je prévois d’aller voir sur un W.E. à l’occasion), les écuries de la Finca Güell, la Pergola de Pedralbes et la fontaine d’Hercule situées dans les jardins du Palais Royal, le Collège des Teresianes, la Casa Calvet… de belles constructions qu’il est dommage de négliger. Pour moi son travail est assez éloigné des conceptions que l’on a souvent de l’architecture. Ses constructions sont toutes en rondeurs et en couleurs et les mosaïques s’étendent un peu partout. Tout est à la frontière entre le réel et l’expression de l’imaginaire… tout ce que j’aime !

La Casa Batlló
Le Collège des Teresianes
La Casa Milà
La Sagrada Família
Le Parc Güell

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